Industrie: Comment Olikrom s’engage sur « la route du futur »

L’article du Sud-Ouest Eco du 03 Mai 2017, édité par Pascal Rabiller, revient sur le parcours d’OliKrom des deux dernières années…

 

La start-up girondine Olikrom accumule les contrats et partenariats industriels pour ses pigments intelligents capables de réagir aux fortes contraintes (chaleur, gaz, pression, lumière…). Le dernier en date, signé avec Eiffage, préfigure ce que sera « la route du futur »

 

Industrie: comment Olikrom s’engage sur "la route du futur"

Elle n’a que deux ans et demie, pourtant, Olikrom, jeune pousse innovante, tout droit sortie des laboratoires de recherche de l’université de Bordeaux, a déjà ses carnets de commande pleins.

Depuis sa création par Jean-François Letard, chercheur CNRS, la société pessacaise fascine l’industrie à cause de ses pigments intelligents. Comprenez : capable de réagir, de changer de couleur, en fonction des contraintes imposées aux matériaux qu’ils intègrent ou recouvrent. 

 

70 partenaires industriels

 

« A ce jour, notre technologie nous a permis de contractualiser avec plus de 70 partenaires industriels » assure Jean-François Létard. « Les industriels sont intéressés par nos pigments extrêmement résistants et programmables dans leur capacité à réagir et évoluer en fonction des contraintes auxquelles leurs produits sont soumis. Le champ d’application de nos solutions est très large, notamment au service de la sécurité et de la traçabilité ».

Airbus et  Safran figurent parmi les 70 industriels de tous les secteurs économiques qui travaillent avec Olikrom et qui lui permettent, depuis sa création, d’être une société rentable qui réalise déjà 50 % de son chiffre d’affaires, tenu secret, à l’export.

  

Un accord de collaboration avec Eiffage

 

Une dynamique qui se confirme avec l’annonce, il y a quelques heures, de la signature d’un accord de collaboration entre la jeune pousse innovante qui compte 10 salariés, et le groupe européen Eiffage qui compte 63 000 collaborateurs.

« En fonction des besoins de nos clients nous devons être capables d’ici à 18 mois au plus tard, de produire des dizaines de tonnes de pigments intelligents, Jean-François Létard »

Hautement stratégique pour Eiffage et tout particulièrement sa branche infrastructure, l’accord de collaboration, initié il y a quelques mois déjà, porte sur la mise au point, par Olikrom, de solutions innovantes en matière de signalisation routière horizontale.

  

Voir la route même sans lumière

 

En clair, en vue d’augmenter la sécurité sur les routes, l’utilisation de pigments photo luminescents vont permettre d’optimiser la visibilité des marquages au sol la nuit et en conditions météo dégradées. Olikrom a réalisé un démonstrateur pour Eiffage. Des tests grandeur nature sont à l’étude.

En parallèle, Olikrom et Eiffage collaborent depuis plusieurs mois aux côtés de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux et du groupe Total, au programme I-Street (Innovation systémiques pour les transitions écologiques et énergétiques des infrastructures routières). Au sein d’un consortium de géants industriels, la startup girondine répond à l’appel à projets  » route du futur « lancé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et le Commissariat général à l’investissement (CGI).

« Nous voulons être un acteur industriel local. Nous voulons rester dans la région qui nous a permis de faire mûrir notre projet entrepreneurial »

 

Une usine à court terme

 

En attendant le résultat de cet appel d’offre, qui pourrait s’avérer porteur d’activité pour Olikrom, le dernier partenariat signé avec Eiffage renforce sa notoriété dans le secteur industriel. Il met aussi en lumière son impérieux besoin de disposer, à court terme, d’une usine de production de ses pigments

« Le temps presse désormais. En fonction des besoins de nos clients nous devons être capables d’ici à 18 mois au plus tard, de produire des dizaines de tonnes de pigments intelligents » prévient le dirigeant qui recherche activement un site, de préférence à Pessac, tout près de Bordeaux. 

 

Une trentaine d’emplois seront créés

 

« Nous voulons être un acteur industriel local. Nous voulons rester dans la région qui nous a permis de faire mûrir notre projet entrepreneurial, grâce à la cellule de transfert de l’Adera (Association pour le Développement de l’Enseignement et des Recherches auprès des universités, des centres de recherches et des entreprises d’Aquitaine), l’incubateur Unitec… Avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine et de Bpifrance nous cherchons un lieu à proximité des grandes infrastructures routières qui vont faciliter l’acheminement de notre production. Nous allons devoir mobiliser 5 M€ pour cette usine qui emploiera, dès son ouverture, au moins une trentaine de personnes » assure Jean-François Létard.

Un investissement qui ne passera pas par une levée de fonds. La société, dont les comptes et perspectives économiques sont bons, étudie plutôt un recours au crédit. « Nous voulons garder la main sur la gouvernance d’Olikrom. Pour financer notre futur outil, nous comptons sur de l’autofinancement et de l’emprunt bancaire » précise Jean-François Létard.

 

Lien vers l’article du Sud-Ouest Industrie : http://www.sudouest.fr/2017/05/03/industrie-comment-olikrom-s-engage-sur-la-route-du-futur-3413447-705.php