INFO Chimie, Les matériaux poursuivent leur envol

Parmi les 2 381 exposants au 52e Salon international de l’aéronautique et de l’espace de Paris-Le Bourget, les spécialistes des matériaux et de la chimie ont fait valoir leurs compétences et solutions pour répondre aux défis des aéronefs de nouvelle génération. Coup de projecteur sur les Français Olikrom et Mapaero, et l’Américain 3M.

 

Le premier produit commercial est attendu en décembre, dans le domaine du luxe. Jean-François Létard n’en dira pas plus pour le moment. Le président et fondateur d’Olikrom déborde d’ambitions pour sa PME installée à Pessac (Gironde). Créée en 2014, elle se présente comme un leader mondial des pigments intelligents pour la conception de peintures et d’encres réagissant à des paramètres de leur environnement (CPH n°722). La PME de 10 salariés travaille sur une seconde levée de fonds, et est actuellement en phase d’acquisition d’un site en Aquitaine pour y édifier une usine d’une capacité de 10 à 50 tonnes par mois. Un enjeu indispensable car « nous ne confierons pas en sous-traitance », insiste Jean-François Létard. « Nos produits nécessitent une très forte expertise scientifique et détenir la maîtrise de l’outil de production est crucial. Pour chaque projet, nous devons prendre en compte la matrice, le support et la réglementation. Derrière, notre équipe de R&D met en place la formulation pour aller du pigment jusqu’au produit final qui est livré certifié », poursuit le dirigeant.

 

Résultat de recherche d'images pour "avion airbus a380"Recensant déjà 70 partenaires industriels, Olikrom ne se limite à aucun secteur. Dans l’aéronautique, deux programmes sont en cours aux côtés d’Airbus. L’un concerne la mise au point d’un revêtement thermosensible pour détecter une surchauffe, notamment près des zones moteurs. La question est d’autant plus sensible avec les aéronefs de nouvelle génération utilisant de plus en plus de matériaux composites pour améliorer légèreté et consommation de carburant. Sauf que la sensibilité à la température est un problème notable, avec un risque de délamination au-delà de 120 à 140 °C. En cas de surchauffe, les pigments réagissent et permettent ainsi de détecter directement tout risque, facilitant la détection électronique des problèmes. Olikrom planche depuis plus de deux ans sur le sujet avec Airbus et mène une campagne de tests sur un A380, avec des revêtements intelligents à l’intérieur de l’habitacle et autour des moteurs. Le projet a reçu en 2016 le prix de l’innovation au congrès Surfair qui réunit les spécialistes de l’aéronautique sur la thématique des traitements de surface. Le second projet porte sur la détection d’impact, avec une peinture permettant de pointer tout impact qui aurait dépassé certains paramètres de sécurité. Il est question de prévenir la sensibilité aux chocs des matériaux composites qui peuvent se fissurer ou se délaminer sans que cela soit visible à l’oeil nu. Cela s’applique aux étapes d’assemblage des avions (chute d’outils, impacts durant le transport de pièces) et à celles d’usage (chocs avec les engins de chargement ou de restauration, avec la grêle ou avec les oiseaux…).

 

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